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UNE DOUCE TROTTEUSE EN LIBERTÉ

Publié le 21 Juillet 2017 par Céline Justand in Temps Po

 

Pieds dans l'eau salée.

Fin de journée. 

Chaussures à la main.

Une douce trotteuse 

caressa mon poignet.

Elle ne fit pas de bruit.

Ne brutalisera plus la nuit, 

la laissera avancer.

Pieds enfoncés 

dans le sable frais.

La méditation quotidienne 

éloignera les comparaisons mondaines. 

C'est maintenant. 

C'est à l'instant. 

L'intérieur du tic tac essoufflé.

Décalage d'une vie choisie. 

Dépoussiérée.

Une trotteuse fatiguée 

s'endormie sur mon poignet.

Elle stoppa le bruit.

Ne s'avancera plus dans ce looping, 

vie sans dessus dessous,

autour du point de fer,

tête à l'envers,

sans marche arrière

Pieds en éventail 

face à cette ligne fuchsia doré. 

Ca n'existe pas tout ça, diront-ils.

Et pourtant si. Si. 

Si suspendue 

Pas si facile. 

Une vie prit son temps,

au milieu de jugements indécents 

incessants, insensés, 

inconvenants, boursouflés. 

Bout soufflé. 

Bougie consumée. 

Patience trouvée 

dans un chemin 

parcouru à pieds. 

Une vie de trotteuse en liberté, 

posant son sac à dos 

d'années toutes secouées, 

prit son élan en comptant jusqu'à trois. 

Un. Trois. 

Raccourci nécessaire.

Stopper les explications terre à terre.

Un pied devant, sable accroché, 

les pas sont lassés. 

Bien loin la ligne fut tracée. 

Suivre en cadence les notes perchées.

Sentir, et respirer, et s'assoir, 

et lever la tête, et hausser les épaules, 

et s'étirer vers le ciel, et baisser le ton, 

et murmurer une chanson, 

et changer de partition.

S'élancer vers une vie nouvelle.

Une trotteuse joueuse 

dansa une valse avec mon poignet. 

Elle stoppa la course surchargée.

S'amusera désormais 

avec le temps perdu, 

reconnaissant d'avoir été retrouvé vivant, 

dans ce petit coin fuchsia doré,

cet horizon des rêves réalisés,

existant dans l'esprit ouvert 

des aventurier sans chaînes aux pieds.

 

 

 

Texte : Céline Justand

Photo : Walter Benjamin